Véronique Beaudet

 

Retrouvez cet article dans le numéro 6 de ParisMontréal


ParisMontréal ? Concrètement, comment accompagnez-vous les jeunes dans leur projet de mobilité professionnalisante ? Quelles sont les différentes étapes ?

 

Armelle Dugué ? Tout d’abord, il faut savoir que nous sommes la seule porte d’entrée en France en termes d’informations pour la mobilité professionnelle au Québec. À Saint-Denis, nous avons un centre de ressources qui donne de l’information et où sont proposées environ deux séances d’information par semaine. Ce centre de ressources se délocalise aussi à Paris, au Centre d’information et de documentation jeunesse, dans des agences Pôle Emploi, dans des salons à Paris et en province. C’est la première étape pour tout jeune adulte qui veut avoir de l’information sur la mobilité au Québec. On donne de l’information générale sur toutes les questions de l’interculturalité, sur la vie au Québec, où trouver un emploi et tous les renseignements pour préparer son départ. Nous accompagnons les jeunes autant pour les stages que pour les emplois ou les missions de prospection, d’échange d’expertise, de l’aide à l’export. Sur notre site, nous recevons une cinquantaine d’appels à candidature par semaine pour participer à des événements, à des grandes rencontres. Nous proposons aussi 200 offres de stages clé  en main et financés pour les demandeurs d’emploi et une cinquantaine d’offres de missions de service civique par mois, intégralement financées. Les candidats peuvent donc choisir du clé en main mais aussi préparer leur propre projet. Une fois que leur idée s’est concrétisée, les jeunes peuvent s’inscrire dans nos programmes, déposer leur projet sur le site et ensuite, il va y avoir un accompagnement individuel et personnalisé avec des équipes de l’OFQJ jusqu’à leur départ au Québec.

 

PM ? Un étudiant français qui veut partir au Québec pour effectuer un stage peut donc aller vous voir pour être accompagné dans sa démarche ?

 

AD ? Tout à fait. On va lui octroyer une bourse de 200 euros pour un stage en entreprise qui valide son cursus et il pourra également obtenir de l’information et de l’accompagnement auprès des centres de ressources pour remplir son permis de travail. Par contre, on n’accompagne pas les étudiants dans la poursuite d’études au Cégep ou à l’université. Une nouvelle entente existe cependant pour la poursuite d’études professionnelles et techniques, mais le programme d’accompagnement n’est pas encore complètement structuré et conceptualisé de A à Z. On voudrait maintenant le muscler. On accompagne certains jeunes, mais ça reste pour le moment une petite portion.

 

PM ? Votre programme phare est celui qui s’adresse aux demandeurs d’emploi et aux jeunes en insertion ?

 

AD ? Oui et eux aussi vont pouvoir effectuer un stage au Québec. Puisque c’est considéré comme de la formation professionnelle continue, ils ont droit à une convention de stage. À travers le partenariat OFQJ, un demandeur d’emploi peut postuler sur l’une des 200 offres de stage en ligne ou trouver lui-même son employeur et aller faire un stage de 3 à 6 mois. Dans ce programme, on accompagne financièrement le projet de A à Z. C’est un financement qui provient de l’OFQJ, d’une région partenaire ou du maintien des indemnités Pôle Emploi. Le participant aura donc ses 700 euros minimum d’indemnités par mois et on l’accompagne complètement sur l’obtention du permis de travail, le billet d’avion, les assurances. C’est vraiment du clé en main, tout est ficelé à partir du moment où le candidat est accepté par un employeur au Québec.

 

PM ? En quoi consiste votre programme pour les jeunes entrepreneurs ? Comment les accompagnez-vous ?

 

AD ? Pour le programme à l’entreprenariat, on est sur de l’aide à l’export, sur l’échange d’expertise et sur la consolidation de réseaux de coopération dans les domaines économiques, culturels et citoyens. On organise donc des missions de prospection commerciale dans les secteurs clés de la coopération franco-québécoise. C’est un programme pour les très petites ou moyennes entreprises qui veulent se tester à l’export. Pour 80 % d’entre elles, ce sont leurs premiers pas à l’export. On apporte au jeune entrepreneur un co-financement conséquent qui lui permet de ne pas exploser son budget, car l’export à l’international coûte cher et c’est souvent un frein quand on démarre une entreprise.

 

PM ? Lequel de vos programmes est le plus demandé ?

 

AD ? C’est celui pour les stages pour les demandeurs d’emploi. On a énormément de demandes, mais on n’a pas le financement pour satisfaire tout le monde parce que ces stages sont intégralement financés. En termes de volume, c’est la mobilité des étudiants qui accueille le plus de participants. On est à peu près à 800 participants par an alors que pour les demandeurs d’emploi et le service civique, on est à 350 participants. Globalement, sur tous nos programmes, on peut accepter 45 % du nombre total des candidatures déposées.

 

PM ? Quels retours avez-vous des anciens participants ?

 

AD ? La mobilité internationale est un tremplin évident pour l’emploi ou pour le développement de carrière. Que ce soit nos demandeurs d’emploi ou nos étudiants, c’est évident que c’est un accélérateur de retour ou d’accès à l’emploi. Les demandeurs d’emploi reprennent parfois une formation après leur stage pour valider leurs compétences, il y a un impact très positif sur l’insertion sociale et professionnelle. Pour les entrepreneurs, ça accélère aussi leur développement à l’international parce que c’est dans un cadre sécurisé, on les met en lien avec les bons réseaux, ils ne partent pas à l’aventure, tout est organisé.

 

PM ? À l’ère d’Internet et des réseaux sociaux, il est beaucoup plus facile aujourd’hui pour un jeune de chercher de l’information et de trouver, du même coup, un stage ou un emploi au Québec de lui-même. Avez-vous dû revoir votre stratégie et votre offre ?

 

AD ? On a effectivement changé notre stratégie en essayant de proposer un fort contenu pédagogique. Les programmes sur lesquels on met le plus de moyens sont destinés pour les demandeurs d’emploi parce qu’il y a un vrai besoin de co-financement et d’accès à la mobilité pour tous, ce qui est très important pour nous. Qu’on soit diplômé ou non diplômé, de Bac-5 à Bac+5, tout le monde doit pouvoir trouver une opportunité de mobilité professionnalisante à l’OFQJ. Vous êtes étudiant en master ou en doctorat, vous aurez une bourse pour poursuivre, vous êtes jeune en insertion, vous pourrez faire un service civique ou un stage en entreprise.
En tant que demandeur d’emploi, on vous accompagnera. L’accompagnement à l’entrepreneuriat, c’est aussi du clé en main, c’est incitatif. Les jeunes entrepreneurs peuvent bien sûr trouver un événement au Québec et se dire qu’ils vont aller participer à tel salon ou à telle rencontre internationale, mais ils vont y aller seuls, ils vont payer leur billet d’avion, leur hôtel, etc. Nous, on leur donne un cadre, ils vont faire du réseau puisqu’ils vont être intégrés à une délégation alors il y a toute une dynamique de groupe et de coopération franco-québécoise mais aussi de coopération franco-française au sein de la délégation.