Par Camille Rubod

 

 

Chaque année, le 24 juin, ils sont par centaines réunis dans la rue, devant la Délégation du Québec à Paris, pour célébrer la Saint-Jean Baptiste, leur fête nationale. On reconnaît immédiatement leur accent dans le public quand on assiste à un spectacle de Fred Pellerin. Vous les croiserez peut-être dans une salle obscure où l’on projette « Le Fils de Jean » dernier film de Philippe Lioret salué par la critique, avec Montréal pour toile de fond. Beaucoup fréquentent le Moose ou le Great Canadian Pub pour s’enflammer à la retransmission d’un match de hockey où assouvir une envie de poutine en attendant de prendre l’avion pour leur Belle Province. Certains sont des habitués de la Librairie du Québec de la rue Gay-Lussac qui organise régulièrement des rencontres avec des auteurs, tandis que d’autres préfèrent se rendre au « Pot des Québécois » organisé tous les jeudis dans un bar différent de la capitale… Combien sont-ils au juste ? Difficile à dire, dans la mesure où il n’existe pas d’études ni de recherches disponibles pour évaluer la communauté québécoise résidant en France. « Calculer précisément le nombre de Québécois installés dans le pays est impossible », nous a-t-on répondu à la Délégation Générale du Québec à Paris. Si elle ne dispose pas davantage de données statistiques, l’Ambassade avance toutefois le nombre de 100 000 Canadiens présents dans l’Hexagone. « Il s’agit vraiment d’une estimation » nous est-il toutefois précisé « et nous ne faisons pas de distinction entre Québécois, Ontariens ou autres ». Pour être complet sur le sujet, on rappellera que l’inscription des Canadiens à l’étranger auprès de leurs services gouvernementaux n’étant par pas obligatoire, seulement 3200 ressortissants ont à ce jour effectué la démarche pour la France.

 

 

L’époque révolue des détachés québécois

 

 

Il fut un temps où la communauté des Québécois de Paris était composée en grande partie d’informaticiens ou d’ingénieurs venus travailler comme « détachés » en France. Bruno, fondateur du site « Le Portail des Québécois en France », faisait partie de ceux-là. En 2001, il s’installe à Paris après avoir accepté l’offre d’emploi d’une société de service en ingénierie informatique française qui venait d’ouvrir une filiale à Montréal. « L’affaire était intéressante pour les ingénieurs québécois comme moi car une ancienne clause fiscale servant à promouvoir l’ingénierie canadienne partout dans le monde nous permettait de bénéficier d’une diminution significative d’impôts ». En arrivant à Paris, Bruno a vite réalisé qu’il existait « une véritable communauté d’ingénieurs informaticiens québécois à Paris ». Mais il s’est aussi aperçu que certaines des entreprises françaises qui embauchaient des détachés québécois ne respectaient pas toutes les règles liées à leur statut… C’est alors qu’il décide de lancer son site Internet afin d’informer ses compatriotes informaticiens qui comme lui se posaient beaucoup de questions laissées sans réponses sur leurs droits et la fiscalité. Son site a depuis évolué. Il se présente aujourd’hui comme « une mine d’information et un lieu d’échange pour tous les Québécois vivant une expérience dans l’Hexagone ». Un lieu qui permet de tisser des liens et d’échanger des informations pratiques sur la vie en France, visité chaque jour par plusieurs centaines d’internautes. Pour autant, selon Bruno : « l’âge d’or des détachés québécois en France notamment des informaticiens, est aujourd’hui révolu ». Principales raisons : les autorités françaises ont restreint les délivrances de permis de travail pour les ingénieurs, tandis que, de son côté, le Canada abrogeait la clause leurs permettant de bénéficier d’avantages fiscaux lors d’un détachement à l’étranger.

 

 

Le saviez-vous ?

 

 

Appelé « le fleurdelisé », le drapeau national du Québec est composé d’une croix blanche qui évoque le catholicisme mais aussi le pavillon de la marine marchande française au Canada (de 1663 à 1763). Le bleu fait référence à la Vierge Marie ainsi qu’à la couleur du blason des souverains de France qui régnèrent durant la colonisation de l’Amérique. Symbole royal utilisé par Jacques Cartier lorsqu’il accoste en 1534 à Gaspé, les fleurs de « lys » ne signifient pas pour autant un quelconque attachement du peuple québécois à la monarchie. Elles font en réalité allusion aux territoires de la « Nouvelle France » (Acadie, Canada, Louisiane). C’est le 21 janvier 1948 que le fleurdelisé flotte pour la première fois sur la tour de l’hôtel du Parlement, devenant ainsi le drapeau officiel du Québec.

Par Rédaction ParisMontréal le 5 janvier 2017