Par Jessica Mohammedi

 

Lors de la dernière commission cinéma au début du mois de mai, le Fonds d’aide de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) décide de soutenir 6 films de fiction d’Afrique et d’Océanie. Avec une enveloppe annuelle de près d’un million d’euros, les critères pour être retenu sont certainement complexes. Tout comme le choix des films.

 

L’OIF en quelques mots

 

 

«On essaie de soutenir des projets novateurs pour faire un peu progresser les standards de la production. Au-delà de ce que les pays eux-mêmes peuvent faire.»


Pierre Barrot, responsable de projet de coopération

 

La commission cinéma de l’OIF, auparavant Fonds francophone de production audiovisuelle du Sud, existe depuis presque 30 ans. La commission cinéma est un vieux projet de l’OIF, au début des années 1990 qui correspond à la période de la fin des partis uniques, la démocratisation, le développement des télévisions d’Afrique francophone et la libéralisation de l’audiovisuel. L’OIF aide les sociétés de production ; ce Fonds est international et fonctionne avec des commissions professionnelles de trois ou quatre continents qui se réunissent deux fois par an. L’OIF aide des émissions d’actualité et des programmes de « stock », c’est-à-dire des documentaires et de la fiction. L’organisation apporte une aide complémentaire, qui permet aux projets de circuler sur plusieurs continents, notamment avec un programme portant sur le doublage de fictions africaines.

Les critères de sélection

 

 

«Les émissions où l’image est mal éclairée, avec des sauts d’image, des plans qui ont été mal montés, des sons saturés : cela ne passe pas avec une diffusion de ce type.»

Pierre Barrot, responsable de projet de coopération

 

Avec un million d’euros de budget (la moitié pour l’audiovisuel et l’autre partie pour le cinéma), l’OIF ne doit pas se tromper lors du choix des projets.   Les qualités techniques et artistiques sont les éléments les plus important lors de la sélection. Il faut que la qualité de l’image, du son et du signal envoyé soient très bons. La qualité artistique, l’originalité, l’esthétique et la qualité de l’histoire sont aussi des éléments à prendre en compte.

 

 

La répartition du budget

 

 

«Certains producteurs peuvent être très gourmands alors qu’ils peuvent faire leur production avec moins d’argent.»

Pierre Barrot, responsable de projet de coopération

Chaque producteur a un plan de financement. Afin de couvrir ses frais, il va en demander une partie à l’OIF. C’est rare qu’un producteur arrive à réunir la totalité du budget qu’il espère mais en général, l’organisation fait en sorte de donner un montant qui est proportionnel voire plus élevé aux productions coûteuses, et essaye d’estimer si la production du producteur est réaliste ou pas.

 

Une nouvelle stratégie

 

 

«L’objectif est de donner plus d’argent à des projets de très bonne qualité qu’on estime très intéressants, originaux, audacieux, auxquels on peut vraiment donner un coup de pouce.»

Pierre Barrot, responsable de projet de coopération

L’OIF adopte une nouvelle stratégie. L’organisation choisit d’aider dix à 12 projets contre 25 habituellement, soit presque deux fois moins, mais elle a augmenté son budget global de financement.

 

 

Un projet touchant

 

 

«Il y a un réel talent à développer et là un coup de pouce est donné pour un film qui a été fait sans rien.»

Pierre Barrot, responsable de projet de coopération

Certains projets sont particuliers, comme celui de Machérie Ekwa Bahango. Jeune femme de 23 ans, qui rêvait de cinéma, elle commence à tourner un film sur un enfant de la rue avec très peu de moyens. Elle est repérée par un distributeur de programme de télévision et, de contacts en contacts, l’OIF a reçu une demande pour financer le montage. Les les membres de la commission sans exception sont tout de suite séduits par les images. De plus, ils sont touchés par la jeune productrice autodidacte, qui a tout appris par elle-même sur internet et dans des livres.