Par Nathalie Lesage

 

Le Festival Interceltique de Lorient est né en 1971 de la volonté de contribuer au développement de la musique et de la culture bretonne. « Notre première année était celle de la découverte mutuelle », explique Lisardo Lombardía, directeur général du festival. Une poignée de locaux visite alors un modeste, mais bouillonnant « Festival des Cornemuses » où le bagadou, musique traditionnelle bretonne, est mis à l’honneur. « Aujourd’hui nous souhaitons développer un échange avec tous les pays celtiques du monde », poursuit  Lisardo. L’Écosse, le Pays de Galles, l’Irlande, l’Australie… et l’Acadie ont depuis élu pavillon dans ce festival haut en couleurs qui, tout en rassemblant 4500 artistes, a su conserver son ambiance familiale et bon enfant.

 

Dominique Dupuis

 

13 années de présence ininterrompue !

 

« Expérience Acadie », le site officiel de ce territoire canadien au FIL, est dirigé  par François Emond, homme de coeur et d’affaires, venu en pionnier planter sa tente en 2003: « Le directeur de l’époque, Jean-Pierre Pichard, avait lancé l’idée qu’il y ait une année de l’Acadie au festival pour célébrer son 400ème anniversaire de fondation en 2004. La magie s’est installée dès le début et ca a tellement bien marché que nous en sommes aujourd’hui à notre 13e année de présence ! Pour Lisardo Lombardía, « les Acadiens ont ravi tout le monde et sont devenus un point majeur dans la diversité du festival ». Les attraits touristiques du Nouveau-Brunswick, son université (Moncton) et son économie sont ainsi présentés au public par la Commission du Tourisme Acadien du Canada Atlantique (CTACA). Et ses talents ont déplacé les foules, sept artistes et formations participant cette année à ce marathon musical :  La Virée, Maggie Savoie, Danny Boudreau, Cy, Joey Robin Haché, An Acoustic Sin et Dominique Dupuis. « J’ai joué au Stade de France pour lancer l’année de l’Acadie. Ca a été le déclenchement de ma carrière ici en France et depuis 2002, je suis venue 10 fois au FIL » nous confie cette dernière. « C’est une très belle reconnaissance des pairs et de la délégation canadienne… C’est gratifiant ! » Une impression partagée par Joey Robin Haché,  27 ans, finaliste de la 47ème édition du Festival international de la chanson de Granby : « L’écoute des gens est incroyable, ça donne un boost, je n’aurais jamais pensé vivre ça ». 

 

Francois Émond

 

La culture au service de l’économie

 

« Expérience Acadie, c’est aussi des affaires », explique Francois Émond. Le FIL  donne en effet l’occasion à l’Acadie et au Nouveau-Brunswick de promouvoir ses richesses et son attractivité commerciale auprès de la Bretagne et des autres régions de France.  Suffisamment en tous cas pour occuper cette année, sur cinq journées, la ministre du Développement économique et de la Francophonie, l’honorable Francine Landry. « Le Port de pêche de Lorient est la 1ere criée et le 2e port commercial de France », rappelle Francois Émond . « De réelles retombées sont sur le point de se concrétiser » . Il cite en exemple le Groupe Westco (production avicole), venu rencontrer différents experts afin d’augmenter sa production d’élevage sans antibiotique. Un secteur où la Bretagne se démarque depuis quelques années. « On prend bien notre place dans le Festival. On gagne en capital de sympathie et ça ouvre la porte à nos ministres… 400 journalistes accrédités et 700 000 visiteurs, en terme de vitrine grand public : difficile de faire mieux ! »   La tournée musicale L’Acadie, un pays qui se raconte qui se tiendra en France cet automne, ainsi que Destination Nouveau Brunswick (qui vise à attirer de nouveaux immigrants) comptent parmi les autres initiatives menées de front par l’Acadie, le Nouveau-Brunswick et François Emond pour faire briller en vitrine leur région, ses talents et son économie.

Crédits photos :  Louis Philippe Chiasson