De passage à Montréal le 6 décembre dernier, le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances en charge du Numérique, Mounir Mahjoubi, s’est réjoui de la coopération France-Canada en matière d’intelligence artificielle. « Prochainement, a-t-il confié au magazine ParisMontréal, on promet une annonce concernant des co-investissements dans le cadre du programme Start-up, parcours numérique France-Québec. » Cette initiative vise le déploiement en France de 50 start-ups québécoises, et de 50 start-ups françaises au Québec, facilitant ainsi le maillage d’entreprises. Des organismes, tels que les incubateurs, les accélérateurs d’entreprises et les centres d’entrepreneuriat universitaires seront admissibles à une aide financière. M. Mahjoubi n’a toutefois pas précisé le montant de ces investissements.

 

Création de 16 000 emplois

Entretemps, le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, présent à Montréal lors de la conférence multipartite du G7 sur l’intelligence artificielle, a annoncé un appui financier de 230 millions de dollars pour la création de super-grapes, des chaînes d’approvisionnement axées sur l’IA. Cela concerne plus de 110 entreprises, centres universitaires, associations professionnelles, incubateurs, institutions financières et partenaires internationaux. Ces organismes aideront les entreprises à saisir de nouvelles opportunités et à adopter de nouvelles technologies. Cet investissement prévoit la création de 16 000 nouveaux emplois et des retombées économiques de 16 milliards de dollars sur une période de dix ans. Le gouvernement du Québec prévoit aussi d’allouer un fonds de 60 millions de dollars en guise d’appui au projet.

 

 

 

Vision politique

En point de presse, M. Mahjoubi a indiqué que parmi le groupe du G7, la France et le Canada ont exprimé un intérêt particulier à discuter de sujets comme l’éthique ou l’impact humain de l’intelligence artificielle. « Le but, c’est de se poser la question : quel est l’impact sur la vie, la société, la planète et sur la façon de vivre ensemble ? » Quant à la question de l’éthique, le secrétaire d’État au numérique se demande à haute voix comment l’IA transformera l’emploi, l’économie : « Le but, dit-il, ce n’est pas de subir. Nous sommes là pour maîtriser les informations à venir sur les technologies et se donner les moyens, soit un choix politique, une vision politique. »

Des équipes se préparent en prévision du G7 intelligence artificielle qui aura lieu à Paris en 2019. « Le Canada et la France sont parfaitement alignés sur l’intelligence artificielle. Nous nous sommes rendus compte que nous avons développé des stratégies nationales chacun de notre côté et que nous partageons la même vision. Nous devons trouver une voie où l’on pense à la fois performance, profits et impacts sur la planète et les humains. »

Toutefois, M. Mahjoubi estime important de rester inflexible concernant l’innovation et la performance. « Nous voulons rester parmi les meilleurs pays qui sont en avance sur le sujet de l’intelligence artificielle, tout en prenant conscience de son impact sur la planète et sur les humains », conclut-il.