Par Julie Meffre

 

Financer un projet par la mise en commun d’une multitude d’apports individuels. C’est sur cette base qu’Ulule vise, selon Alexandre Boucherot, son PDG fondateur, à « redonner du pouvoir aux créateurs et aux entrepreneurs », trop souvent confrontés à un véritable parcours du combattant pour passer de l’idée à concrétisation de leurs projets. Pour les y aider, le socio-financement organise des collectes de fonds et favorise les échanges qui vont soutenir la création : conseils, partage de bons plans, d’idées, etc. Différentes formes de soutiens existent dans la grande famille du financement participatif. Ulule fonctionne principalement sur le modèle du « reward-based crowdfunding » : un porteur de projet soumet son idée à la communauté, qui obtiendra des contreparties en nature en fonction de sa participation. Le créateur garde la pleine maîtrise de son projet, tout en profitant d’une dynamique vertueuse qui validera et encouragera sa réalisation. L’appui financier peut prendre la forme d’un don, d’une souscription ou d’une prévente. Pas de retour sur investissement attendu ici, mais le sentiment de participer à une oeuvre collective, à une grande aventure humaine. Ulule soutient également des porteurs de projets ayant des enjeux de mécénat ou de sponsoring. Son équipe veille alors à articuler ces formes d’engagement avec les valeurs et missions de l’entreprise. Tout est pensé en plaçant au coeur du modèle économique une partie prenante prioritaire : la communauté. Un état d’esprit qui a le vent en poupe au Québec, où Alexandre Boucherot vit depuis deux ans et où la plateforme prospère face au géant américain KickStarter, actuel leader mondial du crowdfunding.

 

© DR Alexandre Boucherot : sa réussite est de faire réussir !

Une boutique à Paris, des bureaux à Montréal…

Créatifs, innovants, citoyens… Chez Ulule, les projets doivent présenter un intérêt collectif, une dimension solidaire. Artistes, cinéastes, aventuriers, journalistes, artisans, entreprises et autres « makers » y sont les bienvenus. Parmi les projets les plus fédérateurs, certains pulvérisent les records, comme la web-série française Noob, devenue un film grâce au soutien de son public. Quinze heures de collecte ont suffi à atteindre l’objectif fixé, rempli à 1945 % après seulement deux mois d’exposition ! Ce succès et bien d’autres témoignent de l’efficacité Ulule dont la boutique parisienne de la rue Saint-Paul est la meilleure vitrine. « Pour créer cet espace, nous avons fait appel à notre communauté de porteurs de projets », précise Alexandre. Objectif : rassembler entrepreneurs, marques et institutions dans un espace physique voué à encourager la rencontre et l’échange entre parties prenantes. Y présenter des projets financés sur sa plateforme permettra également au grand public de comprendre l’apport concret du socio-financement abordé avec la philosophie d’Ulule : « essayer, tester, voir ». Face à la richesse et la diversité des créations, la boutique a retenu six catégories de produits proposés à la vente : artisanat, design, mode, food, kids, édition.

 

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« Ululeurs en action dans l’espace de coworking montréalais. »

 

Présent à Montréal depuis avril 2015, Ulule y a récemment ouvert de nouveaux bureaux et un espace dédié au coworking. La plateforme encourage les talents et projets franco-canadiens, au travers d’initiatives telles que l’opération « Le Grand Saut » qui, l’an dernier, invitait les entrepreneurs et créateurs souhaitant lancer leur projet au Canada à soumettre leur campagne de financement participatif sur la plateforme. Ils pouvaient ainsi concourir à l’obtention d’une bourse offerte par les partenaires d’Ulule : BNP Paribas et la Banque Nationale du Canada. À Montréal, Alexandre Boucherot travaille actuellement sur un concept d’accélérateur, à la croisée du coworking, du « meet-up » et de l’incubateur de start-up, pour accompagner des projets destinés au socio-financement sur des périodes courtes.

 

La plus grande COMMUNAUTÉ de « crowdfunders » d’Europe                                                       Plus de 1,3 million de membres recrutés dans 190 pays forment la communauté Ululeurs. À ce jour, via la plateforme accessible en sept langues, ces internautes ont financé près de 15 000 projets, avec un taux de succès de 68 % et pour un montant de collecte qui frôle les 69 millions d’euros.