Par Lou Sauvajon

C’est de Borée, dieu grec, frère de Zéphyr et personnification du vent du nord, que vient le terme « boréal » désignant la forêt qui entoure l’hémisphère nord de la Terre, juste au sud de la zone arctique. Sa partie canadienne forme une bande de plus de 1000 kilomètres de largeur. Elle s’étend du Yukon et du nord-est de la Colombie-Britannique, aux régions du nord des provinces des Prairies, du Québec et de l’Ontario, jusqu’à Terre-Neuve et au Labrador. Essentiellement composée de conifères, elle couvre, sur plus de 16 millions de kilomètres carrés, plus de la moitié du territoire national. Représentant environ un tiers de la zone forestière septentrionale de la planète, elle fait ainsi du Canada le deuxième pays au monde détenteur de forêts et autres surfaces boisées. Une ressource que les gouvernements provinciaux et territoriaux ont le pouvoir législatif de conserver et de gérer, via des les lois et règlements particulièrement stricts.

20 milliards $.
C’est le produit du secteur forestier en 2015 selon le ministère des Ressources Naturelles du Canada.

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Une matière première renouvelable aux multiples applications

Un vivant pilier de l’économie nationale

L’industrie forestière canadienne produit principalement du bois d’oeuvre et des produits de pâtes et papiers. Depuis quelques années, la filière développe également de nouveaux « bioproduits » tels que des biodiesels ou encore des biopolymères pouvant se substituer aux plastiques de synthèse. Le secteur crée plus d’emplois que ceux de l’énergie, des minéraux ou des métaux et contribue davantage à la balance commerciale pour chaque dollar de valeur ajoutée. La forêt boréale joue ainsi un rôle important pour l’économie du Canada. D’un point de vue sociétal, elle possède une forte dimension culturelle pour les communautés autochtones du pays, 70 % d’entre elles en habitant les régions forestières.

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Feux, réchauffement climatique, parasites sont des menaces permanentes

Un patrimoine naturel à entretenir et protéger

L’exploitation économique de la forêt ne présente pas que des aspects positifs. On voit ainsi des zones boisées être entièrement rasées pour devenir des terres agricoles ou se transformer en site minier. D’autres sont inondées pour construire des centrales hydroélectriques ou bien encore traversées de pipelines et des routes forestières. Indépendamment de ces nuisances dues à l’homme, la forêt est confrontée à des menaces naturelles encore plus dommageables. L’augmentation de la mortalité des arbres, du nombre d’incendies, des infestations d’insectes et de champignons ravageurs constituent trois risques majeurs menaçant cet immense patrimoine végétal. Selon le Service canadien des forêts, leurs effets se font déjà sentir avec une incidence sur la filière industrielle du bois qui pourrait être conduite à diminuer les coupes. Lors des prochaines décennies, en raison notamment du réchauffement climatique, le paysage de la forêt boréale pourrait même changer du tout au tout : les arbres du sud migreront de plus en plus vers le nord, et certaines espèces (végétales et animales), sous l’effet du stress, pourraient disparaître. Vigilance et anticipations sont donc plus que jamais de mise.

Le saviez-vous ?
Poumon vital du globe, la forêt boréale purifie l’air et régularise le climat. Elle stocke de 20 à 100 fois plus de carbone que les cultures agricoles et le garde sur de plus longues périodes. Elle contribue ainsi, à l’échelle mondiale, autant à la santé des humains qu’à l’équilibre de leur environnement naturel.