Et il semblerait que tous ne partagent pas la même vision des choses… Alain Juppé a accordé un entretien au journal « Le Figaro » dans lequel il précise sa position. Il se déclare farouchement opposé au concept d’assimilation et ajoute : « De là à considérer qu’un enfant qui ne veut pas manger de porc doit être exclu de l’école publique ou qu’une adulte qui porte un foulard n’a pas sa place à l’université… Il faut garder son sang-froid ! (…) Il existe des accommodements raisonnables ».

Les « accommodements raisonnables » : un concept juridique tout droit venu du Québec, la terre d’accueil du maire de Bordeaux après sa condamnation il y a 10 ans.

Il s’agit d’assouplir une norme afin d’éviter une discrimination. Selon Pierre Bosset, juriste spécialisé en droits de la personne et professeur à l’Université du Québec, « il faut parfois des traitements différents entre des groupes de personnes pour leur permettre d’arriver à l’égalité ». « On impose à des institutions ou à des entreprises une certaine obligation d’adapter leurs normes (…) à la situation particulière d’une personne ».

Un concept qui a par ailleurs été remis en cause au Québec en 2007, avec la création d’une Commission de consultation sur le sujet.

Alors cette notion québécoise peut-elle s’exporter en France ? En tout cas, ce n’est pas l’avis de Nicolas Sarkozy, qui a clôturé la « journée de travail » des Républicains en affirmant qu’il ne voulait « pas d’accommodements » en France.